Énoncé des politiques et procédures de placement

Les politiques de placement du Régime des CAAT figurent dans son Énoncé des politiques et procédures de placement (EPPP), qui oriente sa stratégie et énonce ses objectifs, ses convictions et ses principes en matière de placement. Entre autres choses, l’EPPP expose dans le détail la politique relative à la composition de l’actif et les placements autorisés, ainsi que l’espérance de rendement à long terme et l’approche adoptée par le Régime en matière d’investissement responsable.


L’EPPP expose aussi les principes d’investissement suivants qui orientent l’investissement des actifs de la caisse de retraite et la gestion des risques qui s’y rattachent :

Couverture et appariement du passif

Afin d’assurer la stabilité des taux de cotisation et de protéger les prestations de retraite, les politiques de placement qui régissent la gestion de la Caisse doivent tenir compte du comportement et de la sensibilité du passif.
L’appariement ou l’immunisation parfaite du passif n’est guère possible en pratique du fait que :
(i) L’estimation de la valeur et du profil de risque du passif repose sur un grand nombre d’hypothèses relatives au profil démographique des participants qui changent fréquemment, ainsi que sur des facteurs économiques comme les taux d’intérêt et l’inflation.

(ii) La valeur du passif varie aussi selon le taux d’actualisation qui dépend en partie du rendement attendu des catégories d’actifs comprises dans la Caisse ainsi que de la tolérance au risque des dirigeants du Régime; et

(iii) Il se peut que les titres à revenu fixe, tels que les obligations à long terme et les obligations à rendement réel, qui offrent une couverture contre les risques économiques, ne soient pas disponibles sur le marché canadien sous la forme voulue et en quantité suffisante (quoique le recours à des dérivés comme les swaps puisse être utile) et ne couvrent pas le risque de longévité ou le risque de la progression des salaires.

Il serait possible d’obtenir un plus grand appariement de l’actif et du passif mais au prix d'une hausse insoutenable des taux de cotisation.

Catégories d’actifs

Les placements de la Caisse se répartissent dans trois grandes catégories : les instruments sensibles aux variations des taux d’intérêt, les instruments sensibles à l’inflation et les instruments d’amélioration du rendement.
Les catégories de placements Sensibles aux variations des taux d’intérêt et ceux Sensibles à l’inflation aident à compenser les risques financiers liés à l’inflation et aux taux d’intérêt inhérents au passif du Régime. Les Instruments d’amélioration du rendement donnent la possibilité d’obtenir de meilleurs rendements à long terme et la marge de manoeuvre nécessaire pour gérer la variabilité des taux de cotisation. Plusieurs des types d’actifs dans lesquels la Caisse investit présentent des caractéristiques qui correspondent à plus d’une de ces catégories.

Composition de l’actif et tolérance au risque

Le niveau d’exposition aux actions détermine en grande mesure le degré de risque de la Caisse par rapport au passif et il est fonction de la tolérance au risque du Conseil.
La tolérance au risque du Conseil dépend de la situation de capitalisation du Régime et donc de l’objectif de rendement.
La tolérance au risque du Conseil dépend de la situation de capitalisation du Régime et donc de l’objectif de rendement.

Diversification

Dans l’espoir d’améliorer les rendements à long terme corrigés du risque, le Régime applique des stratégies qui prévoient l’accès à diverses sources de rendement ou qui lui permettent d’accroitre la diversification du portefeuille. Entre autres stratégies, citons la diversification des catégories d’actifs et de risque en plus de la diversification des sources de valeur ajoutée ou « alpha ».

Prime de risque sur actions

Malgré l’existence à venir de périodes de faible rendement des actions, on s’attend à ce que le rendement des placements en actions soit supérieur, à long terme, à celui des placements en obligations.

Couverture du risque de change

Bien que les rendements liés aux variations des monnaies étrangères par rapport au dollar canadien ne soient pas censés influer de façon importante sur le rendement de la Caisse à très long terme, ces variations pourraient, sur de courtes périodes, favoriser la volatilité des rendements. La couverture du risque de change sera utilisée pour couvrir certaines expositions aux devises étrangères.

Gestion active et gestion passive

La gestion active est utilisée lorsque l’on s’attend à ce que l’application de la stratégie ajoute, par rapport au point de référence, de la valeur à long terme, après dépenses.
Toutes les activités de gestion active s’exécutent selon des paramètres prédéterminés. La performance des activités de gestion active est mesurée par rapport à des indices appropriés absolus ou relatifs et par rapport aux groupes de référence pertinents des catégories d’actif.
La gestion passive des placements peut être utile dans le cas de certaines catégories d’actifs lorsque les perspectives de valeur ajoutée sont moindres en raison de l’efficience des marchés ou du peu d’occasions d’investissement, ou encore pour gérer le niveau des expositions actives au risque à l’intérieur des catégories d’actifs.

Horizon temporel et liquidités

Bien que le passif du Régime soit de long terme par nature, l’obligation de déposer tous les trois ans un rapport d’évaluation auprès de l’organisme de règlementation (évaluation dont les résultats peuvent influer sur le niveau des taux de cotisation) fait en sorte que l’horizon d’investissement de la Caisse doit être le résultat d’un compromis entre le court et le long terme. La possibilité de lisser les valeurs des actifs et de choisir les hypothèses d’évaluation parmi un éventail de valeurs raisonnables permet de prolonger l’horizon d’investissement.
Le fait que le passif du Régime soit de long terme par nature permet d’investir une part importante des actifs de la Caisse dans des actifs illiquides. Ces investissements dans des actifs illiquides comme les infrastructures, l’immobilier ou le capital-investissement seront mis en oeuvre si l’on estime pouvoir obtenir un rendement additionnel en raison, en partie, d’une prime d’illiquidité.

Levier financier

Le levier financier, qui se définit comme étant l’utilisation de capitaux empruntés ou de dérivés adossés à des actifs non monétaires afin de gérer le risque ou d’accroitre le taux de rendement prévu des placements, peut être utilisé dans certaines circonstances bien définies et contrôlées, lorsque les lois et le Conseil le permettent.

Placements à l’étranger

Bien qu’il peut être justifié d’investir dans des actions canadiennes dans une proportion supérieure à celle pondérée par le marché, les actifs financiers canadiens représentent une fraction minime de la capitalisation boursière mondiale et se retrouvent dans un nombre restreint de secteurs et de régions; c’est pourquoi la diversification mondiale est avantageuse pour le Régime et utilisée.

Investissement responsable

Le Régime des CAAT a mis en place des politiques de placements qui tiennent compte des questions sociales et environnementales et des questions de gouvernance et qui ne compromettent pas la gestion prudente des actifs de la caisse de la part des fiduciaires.

Les activités en matière d’investissement responsable ont pour principal objectif de maximiser le rendement de la Caisse corrigé du risque. Les fiduciaires du Régime des CAAT estiment qu’à long terme les sociétés qui appliquent de saines structures et pratiques de gouvernance seront plus performantes que celles qui n’en ont pas et que la gestion des risques pesant sur le rendement des actionnaires à long terme comprend la sensibilisation et la gestion des répercussions environnementales et sociales des activités opérationnelles d’une société.
Les principaux éléments des activités du Régime au plan environnemental, social et de la gouvernance (ESG) sont les suivants :

  • Le Régime des CAAT est signataire de l’Initiative des Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies;
  • Les votes par procuration sont organisés de manière à inciter les sociétés à devenir responsables sur le plan de l’environnement et de la politique sociale, à adopter de saines pratiques de gouvernance et à communiquer des renseignements sur les facteurs ESG et les risques;
  • Le Régime des CAAT se joint à d’autres investisseurs institutionnels pour favoriser l’adoption de meilleures pratiques sociales, environnementales et de gouvernance de la part de la direction des entreprises dans lesquelles ils investissent;
  • Les gestionnaires de placements de la Caisse sont encouragés à intégrer des facteurs sociaux, environnementaux et de gouvernance dans les processus de gestion des placements; conformément à leur mandate.

Téléchargez l’ÉPPP (version PDF, décembre 2018)